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En 1972, encore étudiant mais déjà passionné de photographie, j’entrepris un reportage
dans les rues de Belleville, quartier du 20 ème arrondissement en pleine démolition.
Devenu par la suite photographe professionnel et à l’initiative de la Banque Populaire,
partenaire de mes activités depuis 35 ans, ces images d’un autre temps n’ont pas fini de
nous questionner sur un sujet plus qu’actuel.
Si on regarde ces photos d’un œil historique, les ilots insalubres, l’urbanisme sauvage,
et les rénovations sporadiques témoignent de vagues d’immigration d’Arméniens,
de Grecs, d'Algériens, de Tunisiens, d’Africains, ainsi que de la disparition des ouvriers depuis
les années 50 et de la naissance d’une nouvelle classe, plus tard appelée “moyenne”.
Si on les regarde à travers l’objectif un peu naïf d’un jeune photographe en quête
d’esthétisme, ces photos révèlent aussi l’incidence de la transformation d’un quartier
sur la vie des hommes qui l’habitent.
Les habitants déteignent sur leurs quartiers autant que les quartiers déteignent sur ses
habitants. Voici le message que semble nous délivrer ces personnes un peu figées,
à l’abandon, elles aussi dans l’attente réelle d’une rénovation sans doute incertaine.
Ces questions d’hier ne sont-elles pas toujours d’actualité ?
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